Quand un médecin généraliste prescrit une IRM du genou à Rennes, le compte-rendu et les images arrivent souvent sur son écran sans qu’il ait à rappeler le cabinet de radiologie. Ce circuit repose sur un outil partagé par les radiologues libéraux du bassin rennais : le GIE IRLDR, pour Informatique de Radiologie Libérale du District Rennais. Comprendre son fonctionnement côté professionnel de santé permet de saisir comment la coordination ville-imagerie s’organise concrètement dans cette zone.
RIS-PACS mutualisé : le socle technique d’IRLDR
Le GIE IRLDR regroupe une soixantaine de radiologues libéraux connectés à un même système d’information : le RIS-PACS ONE MANAGER. Deux sigles à retenir. Le RIS (Radiology Information System) gère la partie administrative et médicale : identité du patient, ordonnance, planification de l’examen, rédaction du compte-rendu. Le PACS (Picture Archiving and Communication System) stocke et diffuse les images (scanner, IRM, radiographie, échographie).
Mutualiser ces deux briques sur une plateforme commune change la donne pour les cabinets. Un radiologue qui exerce sur plusieurs sites (en ville et en clinique, par exemple au CHP Saint-Grégoire ou à la Clinique Mutualiste La Sagesse) accède au même dossier patient quel que soit le lieu. Les secrétaires médicales et les manipulateurs en électroradiologie partagent aussi cet environnement, ce qui fluidifie la prise en charge depuis l’accueil jusqu’à la remise des résultats.

Comment les résultats d’imagerie parviennent au médecin prescripteur
Vous avez déjà remarqué qu’un médecin traitant consulte vos images d’examen sans que vous les ayez apportées sur clé USB ? C’est le circuit de diffusion numérique mis en place par IRLDR qui rend cela possible.
Diffusion automatique via le réseau
Une fois l’examen réalisé et le compte-rendu validé par le radiologue, le RIS transmet automatiquement le document au médecin prescripteur. Les radiologues rennais utilisent depuis quelques années un système de diffusion d’images apprécié des médecins de ville, qui évite les échanges papier ou les CD-ROM.
Le médecin prescripteur reçoit le compte-rendu structuré et peut visualiser les images directement depuis son poste. Ce partage repose sur des standards d’interopérabilité (format DICOM pour les images, PDF pour les comptes-rendus) qui permettent la lecture sur la plupart des logiciels médicaux.
Obligations liées au Ségur du numérique en santé
Le couloir « Imagerie » du Ségur du numérique impose désormais aux cabinets de radiologie libéraux des contraintes supplémentaires sur la diffusion des résultats :
- L’Identifiant National de Santé (INS) qualifié doit être utilisé dans le RIS pour chaque examen, afin de garantir la bonne réconciliation des dossiers dans le DMP (Dossier Médical Partagé) et les échanges entre ville et hôpital.
- Les comptes-rendus d’imagerie doivent être diffusés dans le DMP et via MSSanté (la messagerie sécurisée de santé), avec des métadonnées normalisées.
- Le projet DRIM-M (Data Radiologie Imagerie Médicale et Médecine Nucléaire) prévoit un partage national d’images via des DRIMbox, des passerelles techniques installées dans les cabinets pour permettre l’accès aux images au-delà du réseau local.
Pour les cabinets membres d’IRLDR, cela signifie des mises à jour régulières du logiciel ONE MANAGER afin de rester conformes aux exigences réglementaires. Le médecin prescripteur, de son côté, bénéficie d’un accès plus fiable et standardisé aux résultats.
Organisation concrète des cabinets dans le réseau IRLDR à Rennes
Chaque cabinet de radiologie appartient à un groupe au sein duquel plusieurs radiologues sont associés. Un même praticien peut exercer sur différents sites : un centre d’imagerie en ville à Rennes, une clinique à Cesson-Sévigné, un plateau technique à Saint-Grégoire. Le réseau couvre un rayon d’environ 40 minutes autour de Rennes.
Cette organisation a une conséquence directe pour le médecin prescripteur. Quel que soit le site où le patient passe son examen, le compte-rendu remonte dans le même système centralisé. Le médecin n’a pas besoin de savoir dans quel cabinet précis l’examen a été réalisé pour retrouver les résultats.

Le personnel joue un rôle clé dans ce maillage. Les secrétaires médicales gèrent la prise de rendez-vous (en ligne via la plateforme EasyDoct ou par téléphone) et vérifient la cohérence des informations patient dans le RIS. Les manipulateurs en électroradiologie réalisent l’examen et s’assurent que les images sont correctement archivées dans le PACS avant validation par le radiologue.
Ce que le Ségur du numérique change pour les cabinets de radiologie libéraux
Le Ségur du numérique en santé ne se limite pas à un label sur un logiciel. Pour un cabinet membre d’IRLDR, les impacts sont très concrets au quotidien.
La vague 1 du programme Ségur a porté sur la mise à jour des logiciels RIS. La vague 2 y ajoute le volet DRIM-M, qui vise à créer un réseau national de partage d’images médicales. Les cabinets doivent installer des DRIMbox, des composants qui servent de relais entre le PACS local et le réseau national.
Pour le radiologue, cela implique de vérifier systématiquement l’INS du patient, de s’assurer que le compte-rendu est correctement structuré pour alimenter le DMP, et d’utiliser MSSanté pour les échanges avec les confrères hospitaliers ou libéraux. Ces étapes s’intègrent progressivement dans le flux de travail sans le bouleverser, mais elles demandent une rigueur accrue sur la qualité des données saisies.
Pour le médecin prescripteur en dehors du réseau rennais, le bénéfice sera tangible : accéder aux images d’un patient réalisées à Rennes depuis n’importe quel établissement en France, sans transfert manuel de fichiers.
Le fonctionnement d’IRLDR illustre comment un groupement de radiologues libéraux peut structurer un réseau informatique partagé à l’échelle d’un bassin de santé. Le socle RIS-PACS mutualisé garantit la continuité du dossier patient entre sites, et les mises en conformité Ségur ouvrent la voie à un partage d’images au-delà du district rennais.
Pour les médecins prescripteurs, le gain se mesure en temps : moins de relances, moins de supports physiques, et un accès direct aux résultats d’imagerie depuis leur logiciel métier.
