Amazon condamné à payer 46,7 millions de dollars pour violation de brevets

Dans un monde où les paroles sont de l’or et où la technologie vocale est la nouvelle frontière de l’innovation, un géant du domaine vient de subir un revers majeur. Imaginez un avenir où votre assistant vocal préféré, celui qui éclaire votre maison, joue votre musique préférée, et même vous raconte des blagues, pourrait être menacé par une décision de justice. Ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais une réalité pour Alexa, l’assistant vocal d’Amazon. Un verdict récent a fait trembler la tour d’ivoire de l’entreprise, la condamnant à une amende salée pour violation de brevets. A

Un verdict coûteux pour Amazon

La cour fédérale du Delaware a récemment ordonné à Amazon de payer 46,7 millions de dollars pour avoir enfreint quatre brevets appartenant à VB Assets avec ses enceintes intelligentes Echo et son assistant virtuel Alexa.

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La somme élevée, à régler sous forme de royalties plutôt qu’en un seul versement, est une conséquence directe de la violation de quatre brevets appartenant à VB Assets, une entreprise appartenant à Nuance Communications, précédemment connue sous le nom de VoiceBox Technologies.

VB Assets prétend avoir inventé un haut-parleur circulaire capable de se connecter à Internet et de répondre à des commandes vocales avec une voix féminine et robotique bien avant Amazon. Un argument qui a trouvé écho auprès du jury.

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Initialement, VB Assets avait accusé Amazon d’avoir enfreint six de ses brevets, mais le verdict final a retenu quatre violations.

Les brevets incriminés

Les quatre brevets en question concernent la fourniture de services conversationnels coordonnés par le réseau, une interface utilisateur vocale conversationnelle, et la liaison de publicités avec le traitement du langage naturel des entrées vocales.

Des technologies de pointe qui ont notamment permis à VoiceBox de développer des applications commandées par la voix pour TomTom et d’autres marques de GPS et de voitures.

Il convient de souligner que VoiceBox a démontré un assistant vocal pour les voitures Lexus appelé ‘Alexus’, qui met en valeur sa technologie vocale conversationnelle. Un concept qui a été présenté au public plus de six mois avant l’annonce d »Alexa’ par Amazon.

Le prototype ‘Cybermind’ de VoiceBox, ainsi qu’une vidéo YouTube associée à la plainte qui semble montrer un reportage de 2006 de King 5 News de Seattle, démontrant le fonctionnement du prototype, sont des éléments supplémentaires en faveur de VoiceBox.

Amazon dans le viseur de VoiceBox

VoiceBox accuse également Amazon d’avoir invité des employés de l’entreprise à des réunions sur les technologies de VoiceBox, avant de s’approprier les idées de l’entreprise et d’embaucher ses employés.

La première rencontre entre VoiceBox et Amazon remonte à 2011 pour explorer une éventuelle relation commerciale. L’annonce de l’Echo et d’Alexa d’Amazon a eu lieu en 2014, soit trois ans après cette rencontre.

VoiceBox prétend également avoir eu des réunions sur ses brevets avec Amazon en 2017. À ce jour, Amazon n’a pas répondu à la demande de commentaires d’Ars Technica.

Des implications lourdes pour Alexa

Le jugement de cette semaine contraste avec une décision de 2021 d’un tribunal fédéral du Delaware selon laquelle Alexa ne viole pas les brevets d’IPA Technologies Inc.

Cette affaire intervient à un moment critique pour Alexa. Business Insider rapportait à la fin de 2022 qu’Alexa était sur le point de faire perdre 10 milliards de dollars à Amazon cette année.

Amazon a dévoilé en septembre ses ambitions pour l’IA générative d’Alexa, espérant que l’assistant vocal deviendra suffisamment avancé et utile pour que les clients soient prêts à payer un abonnement pour utiliser ses fonctionnalités les plus impressionnantes.

Un avenir incertain pour l’assistant vocal d’Amazon

Cette affaire survient à un moment d’incertitude et de changements pour l’assistant vocal d’Amazon. Le géant du commerce en ligne doit encore décider s’il va faire appel du jugement.

Quant à VoiceBox, l’entreprise a la possibilité de demander le remboursement des frais liés à cette affaire.

Quoi qu’il en soit, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés les géants de la tech dans le domaine de l’innovation et des brevets. Une histoire à suivre de près.

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